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La fête des métiers de la forêt

Ma première participation à la fête des métiers de la forêt à La Sauvagère. Celle-ci existe tout de même depuis plus de 40 ans !

La Sauvagère, d’après son nom village prédestiné à accueillir une grande manifestation autour du bois. En effet, La Sauvagère, dont les habitants sont des Sylvagériens, tient son nom du latin silva, hellénisé en sylve, qui désigne la forêt. Avec le regroupement de communes, il a fallu choisir un nom au village créé par la réunion de La Sauvagère et de Saint-Maurice-du-Désert. Après consultation des habitants, c’est le nom « Les Monts d’Andaine » qui est choisi. Choix judicieux puisque la forêt qui jouxte le village s’appelle la forêt d’Andaine, ou forêt des Andaines (éventuellement écrit « Andennes »). L’origine du nom de cette forêt n’est pas formellement connue, mais il est probable qu’il découle du mot « andain », désignant une quantité d’herbe fauchée à chaque pas, ou une rangée d’arbres. Aujourd’hui, le terme « andain » est utilisé en sylviculture : à l’issue d’une coupe ou d’un débardage, il s’agit des bandes de branches et de rémanents à dégager du terrain que l’on reboisera. Bref, on reste là dans le domaine du bois.

En ce dernier dimanche de juin 2019 donc, le soleil était au rendez-vous, contrairement à l’année précédente. Dès le matin, je me rends sur le site de la chapelle des Friches, perdu au milieu du bocage normand, deux ou trois maisons à proximité tout de même.
Les plus matinaux auront pu prendre un petit déjeuner aux tripes… Rappelons que les tripes Fertoises sont une spécialité de La Ferté-Macé !
A 11 heures a lieu une messe Saint-Hubert à la chapelle avec les trompes de chasse du rallye Saint-Michel.
Juste au-dessus de la chapelle, c’est là que se déroulent les festivités : au milieu des bois, comme il se doit pour fêter les métiers de la forêt.

L’organisation est impeccable et a mobilisé près de 80 bénévoles qui sont à pied d’œuvre pour certains depuis trois semaines. Des panneaux guident les visiteurs sur les petites routes et permettent de s’y retrouver, dans ce dédale de champs, prairies et bois. A l’arrivée, des bénévoles indiquent le « parking » : deux grands champs prévus à cet effet, détail qui a son importance : un seul ne suffirait pas à accueillir tous les véhicules au vu de l’affluence tout au long de la journée.
Et sur le lieu proprement dit, une rangée de stands d’artisans du bois : créateurs d’objets en bois, petits et grands. C’est là que je me situe.
Quelques jeux sont organisés : tombola, poids du mouton, un stand de tir à la carabine (c’est sans rapport avec le mouton), un stand de lancers d’adresse, une structure gonflable pour les petits, un grand toboggan, un atelier d’initiation à la sculpture à destination des enfants au milieu des oeuvres de Jean-Charles Courtois.

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Pour le ravitaillement, une buvette bien sûr, des ventes de crêpes bien entendu, et de grandes tablées pour prendre des repas sur place, bien évidemment.
Dans les curiosités à observer, un vieux banc de sciage :

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Celui-ci est entraîné par une « locomobile » à vapeur, fonctionnant au charbon de bois, lui-même fabriqué sur place tout spécialement pour l’occasion par les bénévoles depuis quelques semaines. Quelle esthétique tout de même avec l’alliance du rouge et du noir, elle est belle cette machine ancienne non ?

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Et puis il y a la démonstration de sculpture à la tronçonneuse. Comme chaque année, Gérard Ferruel réalise une statue, qui est ensuite intégrée au village. Il y a eu par exemple l’abbé Pierre, maintenant dans l’église de La Sauvagère, la statue de la liberté, près de l’ancienne mairie, le banc avec deux têtes d’animaux, dans le parc. L’année dernière, c’est un écolier qui a été sculpté, il trouvera bientôt sa place près de l’école.

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Cette année, nous découvrons au fil de la journée une écolière, qui tiendra probablement compagnie à l’écolier dans un an.

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Et enfin, il y a du spectacle avec le concours de bûcherons. Différentes épreuves ont lieu. L’épreuve du stère de bois : il s’agit de faire tomber et de refaire le plus vite possible un stère de bois (l’esthétique du tas de bois compte aussi !).

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Il y a une épreuve de tronçonnage de lamelles de bois dans un énorme tronc. Il y a aussi une épreuve de sculpture à la tronçonneuse.

La journée s’achève par un dîner agrémenté d’un spectacle cabaret avec une chanteuse de music-hall et un transformiste.

Mon seul regret : ne pas avoir pu profiter de toutes ces attractions puisque je tenais mon stand ! Mais les visiteurs sont venus nombreux, puisque les deux champs prévus pour se garer ont été complets dans l’après-midi ; il faut dire que le temps a vraiment été un atout cette année.
Les visiteurs qui se sont attardés devant mon stand se sont montrés intéressés et j’ai eu la satisfaction de vendre un certain nombre de mes créations, ce qui est toujours très encourageant. Alors je vous donne rendez-vous pour l’édition 2020, le dernier dimanche du mois de juillet !

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Vapotage

Après trois mois de réflexions, tests et essais, et deux prototypes pour valider mes idées, je vous présente mon premier mod mécanique, en bois de frêne et sapelli, entièrement made in Sylvakal par moi-même… une quinzaine d’heures de travail quand même…

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La box est en expo dans la boutique de vape locale : Yes We Vape à la Ferté Macé, où l’ami Fred se fera un plaisir de prendre les commandes !

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Pour ceux qui connaissent pas, on va dire qu’un mod méca c’est en gros une cigarette électronique mais sans électronique, donc juste circuit électrique, batterie, interrupteur, et connecteur pour mettre un atomiseur… en gros…

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Et pour ceux qui connaissent un peu plus, là j’ai choisi pour ce premier modèle de fabriquer un squonker, simple accu 18650, avec le pin MM510 à micro-ressort de chez Modmaker, les lamelles en béryllium plaqué argent, et des aimants permanents à base de terres rares.

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Finition : trois couches d’huile danoise et deux couches de cire d’abeille et cire de carnauba pour une parfaite protection du bois.

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Quelques photos pour visualiser l’objet… comme souvent beaucoup plus joli en vrai qu’en image… mais c’est un avis qui n’engage que moi !

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D’autres modèles viendront bien entendu !
Je travaille actuellement sur la seconde box, qui sera plus classique puisqu’elle sera conçue pour accueillir un atomiseur à réservoir, et non pas un bottom feeder comme ce premier modèle. Elle sera équipée de deux accus 18650 montés en parallèle pour être sûr de tenir la journée sans avoir à recharger les batteries. Et pour ce second modèle je vise le très haut de gamme puisque j’ai choisi d’utiliser un bloc de bois précieux que je travaille dans la masse… Si tout se passe comme prévu je pourrai le présenter quand il sera terminé d’ici une dizaine de jours !
Pour toute question relative à ces mods, pour une commande, pour connaître les tarifs ou simplement par curiosité, n’hésitez pas à me contacter !

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Vœux et retours sur l’année écoulée

En ce début d’année 2019, je tiens à vous présenter tous mes vœux et j’en profite pour faire un petit bilan de l’année écoulée, du point de vue professionnel.

Je ne ferai pas ici de bilan comptable bien entendu. Mon activité en est encore à ses débuts mais un regard en arrière me permet déjà de mesurer le chemin parcouru.

La production

J’ai souhaité me lancer comme artisan, créateur d’objets en bois massif, avec l’idée de fabriquer des objets utilitaires ou purement décoratifs, la recherche de l’esthétique restant ma priorité.
Autodidacte, même si je savais qu’il me restait bien des choses à apprendre en la matière, j’avais déjà acquis les bases en travaillant le bois à mes heures perdues.

C’est l’occasion d’acquérir des bois précieux qui m’a incité à fabriquer des bijoux en bois. J’ai commencé par des colliers, puis après avoir compris que ce ne serait pas plus compliqué je suis passé aux boucles d’oreilles. Le tour à bois m’a ensuite permis de produire des bagues.

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Un des premiers objets de décoration sorti de mon atelier s’est révélé être destiné à une utilisation alimentaire : une coupe à fruits de grande taille, en chêne massif, qui après avoir patienté un an a récemment trouvé sa place en région parisienne. J’ai confectionné aussi des bougeoirs, des presses-livres, des presses-papiers… mais toujours des pièces uniques, ne souhaitant pas m’aventurer dans une logique de reproduction de ce qui s’est vendu et préférant chercher toujours à inventer.

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Le tour à bois m’a permis de fabriquer de la vaisselle : assiettes et bols en frêne, chêne ou même séquoia par exemple.

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Je travaille depuis trois mois sur un tout nouveau projet qui va me permettre de diversifier ma production et d’investir un nouveau domaine, j’en reparlerai dans quelques jours…

La vente

Dès le début de mon activité, j’ai voulu utiliser Internet comme moyen de vente. J’ai ouvert des boutiques sur des plate-formes prévues à cet effet : Un Grand Marché, Fait-Maison et Etsy.

Souhaitant être visible sur Internet de manière indépendante et dans l’optique de pouvoir faire de la vente directe j’ai également créé un site. Ceci a naturellement coïncidé avec la recherche d’un nom pour mon entreprise, qui m’a permis d’intituler mon site Sylvakal.
La vente par correspondance a posé la question de l’envoi des objets et donc des colis. Il a fallu réfléchir au conditionnement et aux façons de protéger les objets pour qu’ils ne soient pas abîmés par les chocs inévitables subis pendant le transport. Ceci engendre des coûts, variables suivant les dimensions et le poids des objets, qu’il faut évaluer au plus juste pour les répercuter sur les prix affiché en boutiques. Afin d’éviter des aller-retours au bureau de Poste pour limiter l’utilisation de mon véhicule, je me suis familiarisé avec la plate-forme Internet de la Poste qui permet d’affranchir tous types de colis depuis chez soi, avec le paiement en ligne et l’impression des timbres ou des étiquettes de Colissimo sur une imprimante classique. J’utilise aussi maintenant le service de la Poste qui permet de déposer son colis dans sa boîte aux lettres personnelle pour qu’il soit pris en charge par le facteur dès le lendemain matin.

Puisqu’il faut varier au maximum les vecteurs de vente, j’ai déposé des objets dans des boutiques de dépôt-vente. Ce fut l’occasion de remarquer que ces boutiques ne fonctionnent pas toutes de la même façon : certaines prennent un pourcentage sur les ventes (en général entre 25 et 35 %), d’autres préfèrent fonctionner avec un système de loyer mensuel, enfin quelques-unes allient les deux systèmes. Il faut donc chercher à fixer des prix qui restent acceptables pour les clients, mais sans brader le fruit de son travail, l’objectif à terme étant tout de même d’en tirer une certaine rémunération… et on se rend très vite compte que ça ne va pas être simple….

Cet automne, j’ai participé à mes premiers marchés, avec de nouvelles données à prendre en compte : le prix de l’emplacement, très variable suivant les marchés, le prix du carburant pour s’y rendre, non négligeable comme l’actualité nous l’a si bien rappelé. Quelques problèmes d’organisation se sont posés aussi. J’ai fabriqué des présentoirs pour les colliers et pour les boucles d’oreilles, je me suis procuré des tissus et des éclairages et j’ai fait mon possible pour disposer mes objets de manière harmonieuse et créer un stand qui invite à s’arrêter quelques minutes.

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Le point de vue administratif

Je ne détaillerai pas trop cet aspect : cahier de comptabilité, facturation, déclarations d’impôts et cotisations sociales, terminal de paiement par carte bancaire… ne sont pas des sujets passionnants pour ceux qui ne se destinent pas à devenir entrepreneur.

L’investissement financier

Même si j’étais déjà bien équipé pour un amateur en démarrant mon activité, il me manquait indéniablement des machines : le tour à bois en particulier.
L’idée étant de lancer mon activité avec le minimum d’investissement, j’ai choisi un « petit » tour à bois, un tour d’établi de bonne qualité, pour privilégier un prix raisonnable, mais aussi par manque de place dans mon atelier.
Il n’a d’ailleurs pas été simple d’organiser mon espace de travail au mieux, en optimisant l’utilisation de la vingtaine de mètres carrés dont je dispose, mais sans sacrifier l’ergonomie nécessaire pour ne pas perdre de temps et travailler en toute sécurité . Pour utiliser au mieux mes machines, j’ai monté la défonceuse et la scie circulaire sous table : j’y ai consacré de nombreuses heures mais j’ai ainsi évité l’achat de matériel coûteux.
Il y a eu aussi tous les micro-achats, comme les apprêts et les pinces spéciales pour les colliers et les boucles d’oreilles, les huiles et vernis pour les objets de décoration ou de cuisine, les cartons, enveloppes et protections pour les envois, les cartes de visite, et j’en passe…

Et pour 2019 alors ?

Déjà beaucoup de chemin parcouru mais il reste tant de choses à faire !
La version actuelle du site Internet est très loin d’être satisfaisante, il y aura beaucoup d’améliorations à apporter en terme d’ergonomie de présentation, d’arborescence… et peut-être à terme pourrai-je proposer des achats directs sur le site, sans passer par des plate-formes de vente extérieures !
En terme de fabrications, il me reste à me constituer un véritable stock pour pouvoir proposer suffisamment de produits sur les marchés.
Et bien entendu il va falloir trouver ces marchés, foires, expositions… adaptés à ce que je fabrique, pour le printemps, l’été, l’automne prochains. Il faut souvent s’y prendre plusieurs mois à l’avance, et puisqu’il n’existe pas de répertoire national, chercher pour trouver les bons lieux et les bonnes dates !

Je vous souhaite le meilleur pour l’année 2019 !

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Une tour format XXL

Je choisis une belle planche de frêne, sortie brute de la scierie, deux mètres cinquante de long et presque cinq centimètres d’épaisseur.

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J’en tire cinq morceaux d’une cinquantaine de centimètres de longueur. L’objectif est de les coller pour obtenir quelque chose qui ressemble à un gros pavé.
Mais pour les coller, il faut d’abord faire en sorte que les faces principales soient parfaitement planes. Je passe donc les planches à la dégauchisseuse puis à la raboteuse.
J’encolle les faces et j’empile le tout :

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Il faut serrer, fort (car la surface de collage est assez importante) et pendant plusieurs heures (car j’utilise ici une colle à prise progressive). C’est l’occasion de sortir les serre-joints à pompe, chacun va exercer une force équivalente à une masse d’environ une tonne, j’en mets cinq pour répartir la pression sur toute la surface… donc c’est un peu comme si j’avais mis un éléphant d’Afrique sur mon tas de bois !

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Je laisse s’écouler 24 heures puis j’enlève les serre-joints :

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Bon, pour l’instant ça ne ressemble pas trop à une tour, mais on peut déjà comparer avec une pièce d’échiquier classique :

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Ça dépasse de partout, il va falloir égaliser un peu tout ça : déjà couper les extrémités à la scie à ruban :

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Argh ! Ça ne va pas passer, j’ai remonté les guides de lame au maximum mais il doit y avoir deux ou trois millimètres en trop.
J’en enlève un peu avec deux ou trois passes sur la dégauchisseuse :

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Maintenant ça va aller :

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Et voilà une extrémité égalisée :

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Même opération pour la deuxième, puis tracé de la future base de la tour :

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Pour gagner du temps sur le tour à bois, il vaut mieux dégrossir auparavant donc j’incline la table de la scie à ruban à 45° pour couper les angles et approcher le cylindre :

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Quelques minutes plus tard :

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Il faut maintenant réaliser l’empreinte pour la griffe d’entraînement du tour à bois :

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Et c’est parti, mise en place du bloc sur le banc du tour :

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Un petit affûtage pour la gouge à dégrossir, qui va avoir à sortir pas mal de copeaux :

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Et on se lance :

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Il faut en enlever encore un peu, mais ça commence à ressembler à un cylindre :

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C’est fini pour le cylindrage, donc j’attaque au bout, à la gouge à creuser, pour réaliser une prise de mandrin qui permettra d’assurer une prise optimale :

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Mise en place du mandrin :

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Et je remets tout ça sur le tour, puis j’attaque le façonnage de la pièce :

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Creusage du haut de la tour, les créneaux seront faits ensuite à la défonceuse :

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Mine de rien ça fait déjà une trentaine de litres de copeaux :

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Pour les créneaux, j’utilise la défonceuse sous table, sur laquelle j’ai monté une fraise droite. Il faut y aller doucement, et vérifier souvent où on en est car le travail se fait par en-dessous donc à l’aveugle :

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Finalement on y arrive mais l’état de surface laisse à désirer, il va falloir finir à la main : gouges, ciseaux à bois et abrasifs… c’est long mais ça fait du bien aussi de travailler sans le bruit des machines !

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Après ponçage minutieux de l’ensemble, j’applique deux couches de bouche-pores puis trois couches de vernis incolore mat avec 24 heures de séchage entre chaque couche.

Et voilà la tour : hauteur 38 cm, diamètre à la base 18 cm, poids approximatif 4 kg… Il ne reste plus qu’à faire trente et une autres pièces et un échiquier adapté, et on pourra faire une partie !

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Je la mettrai en vente sur les marchés : ça me paraît un peu trop lourd et volumineux pour de la vente par correspondance !

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Bois de rose, ébène et séquoia

Un bon mois s’est écoulé depuis le dernier article… et oui, au mois de mai il y a beaucoup à faire dans le jardin et surtout au potager, alors logiquement j’ai passé moins de temps dans l’atelier. C’est un énorme privilège d’être maître de son temps, de pouvoir décider à la dernière minute de quoi sera faite l’heure qui vient, en étant seulement guidé par la météo, la température extérieure, ou simplement l’inspiration ou l’envie du moment.

J’ai bien entendu trouvé le temps de produire quelques objets, consacré quelques heures à la gestion du site et des boutiques en ligne, fait quelques photos et poursuivi mon travail de documentation afin de continuer à progresser dans la maîtrise de tous les savoir-faire sollicités dans le travail du bois.

J’arrive au bout de mon stock de séquoia, mais j’ai encore pu tourner quelques jolies pièces.

Un second soliflore, que je trouve plus réussi que celui terminé il y a quelques semaines : j’ai pu tourner très exactement la forme que j’avais imaginée puisqu’il n’y avait pas dans ce morceau de bois de contrainte interne m’imposant de modifier l’aspect final.

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Voir détails et prix…

Toujours en séquoia, voici deux coquetiers qui, s’ils ne sont pas rigoureusement identiques, sont tout de même très semblables et seront vendus ensemble :

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J’ai aussi choisi de démarrer une nouvelle série de bijoux, avec davantage de boucles d’oreilles que précédemment, l’objectif étant d’utiliser différents bois précieux que j’ai en stock afin de les associer par collage et de produire des bijoux qui marient plusieurs essences de bois.
Ici, une paire de boucles d’oreilles et un collier avec un pendentif assorti : les bois utilisés sont de l’ébène du Gabon et du bois de rose du Nicaragua, aussi appelé cocobolo :

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D’autres bijoux sont en cours d’élaboration, je vous les présenterai le moment venu…

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Vies, morts et renaissances d’un séquoia

Vers le début des années 80, une amie de mes parents rentre des États-Unis avec un souvenir un peu particulier de son voyage : elle rapporte dans ses valises un morceau d’écorce de séquoia.
Peut-être a-t-elle une idée derrière la tête, sans doute veille-t-elle à ne pas laisser l’écorce se dessécher, toujours est-il qu’au bout de quelques jours une jeune pousse apparaît. Vivant en appartement, elle ne peut espérer faire pousser un séquoia sur son balcon, et c’est ainsi que le jeune arbre issu d’un mastodonte américain se retrouve planté dans le jardin de mes parents après avoir survolé l’Atlantique.

Enfant, il m’est arrivé quelques fois de jouer à sauter par dessus l’arbuste qui entamait alors sa croissance : une place de choix lui avait été décernée, au milieu d’un vaste espace de pelouse, on savait qu’il lui faudrait beaucoup de place s’il trouvait le terrain à son goût.
Le séquoia est un arbre à croissance rapide et il m’a vite rattrapé puis dépassé. Trente ans plus tard il était devenu l’arbre le plus imposant du jardin, dépassant des chênes qui pourtant étaient déjà adultes avant sa plantation.

Mais un jour le séquoia commence à montrer des signes alarmants, peu à peu il prend des couleurs automnales alors qu’il s’agit d’un arbre persistant. Aucun remède n’est envisageable sur un arbre de cette stature, alors il faut bien se rendre à l’évidence : l’exilé est en train de mourir. Une fois l’arbre sec, et sans qu’on ait su ce qui l’avait tué, il a fallu le faire abattre pour ne pas risquer un accident en cas de forte tempête.

C’est ainsi que j’ai récupéré deux très gros morceaux provenant de la base du fût, dont le diamètre devait bien approcher le mètre. Aujourd’hui je fabrique des objets tirés de cet arbre que j’ai vu grandir, et c’est une réelle satisfaction de connaître très précisément l’histoire de ce bois et ainsi de lui donner une nouvelle vie.

Bien entendu je ne sais pas si l’arbre duquel provenait le morceau d’écorce est toujours vivant et poursuit sa croissance aux États-Unis, mais j’ai tout de même une excellente nouvelle : le système racinaire de celui qui poussait chez mes parents n’était pas complètement mort puisque de jeunes pousses sont apparues sur la souche laissée après l’abattage, et celles-ci semblent très vigoureuses.

La nature est souvent pleine de surprises…

Voici quelques objets fabriqués ces derniers temps, en séquoia bien sûr ! La plupart seront proposés à la vente dans les jours qui viennent :

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Soliflore – Voir détails et prix…
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Pot à crayons – Voir détails et prix…
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Pot à crayons – Voir détails et prix…
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Coupe XXL
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Boîte – Voir détails et prix…
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Coupelle – Voir détails et prix…
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Petite assiette creuse
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Une étagère d’angle double

Voici quelques images de la fabrication et de la pose d’une étagère double, à fixer dans un angle de murs.
Les étagères sont en pin et les montants en chêne.
Après avoir découpé et poncé les quatre pièces, je fais un montage « à blanc », c’est à dire sans colle, pour vérifier que les chevilles sont bien positionnées et que tout s’assemble correctement.

Puis je passe à la finition, qu’il est plus simple de faire avant l’assemblage définitif quand c’est possible.

Il se dit souvent que les finitions prennent autant de temps que la fabrication… je suis assez d’accord avec cette estimation, d’autant plus qu’il faut être très vigilant et ne pas vouloir précipiter les choses quand on approche de la fin d’un projet. Il serait dommage de gâcher le résultat final à cause d’un temps de séchage non respecté ou d’un égrenage oublié !

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Pour ces étagères, j’applique trois couches de bouche-pores, indispensable sur le pin, qui aurait sinon tendance à boire tout le vernis qu’on lui applique, et qui plus est pas forcément de façon très homogène. Et pour les montants en chêne, même opération car ce bois a des pores très ouverts.
Après chaque couche, cinq heures de séchage à l’abri de la poussière, puis égrenage.

Pour ceux qui ne savent pas, l’égrenage est un ponçage très léger (à la main, en effleurant le bois, vraiment sans appuyer avec un abrasif grain 240 ou 320).
L’égrenage est nécessaire quand on applique un produit de finition à base d’eau : l’eau fait relever les fibres du bois, et donc même si on a fait un ponçage très fin auparavant, on se retrouve avec une surface rugueuse. Il faut donc impérativement égrener avant la couche suivante. Ce phénomène s’estompe rapidement : après trois couches en général le bois ne bouge plus.

Après le bouche-pores, j’applique un vernis incolore, en quatre couches espacées par au moins 6 heures de séchage.
Je n’utilise plus de pinceaux, qui laissent toujours des traces : l’application se fait avec un chiffon plié pour obtenir une sorte de tampon, en diluant à 50 % le vernis dans de l’eau, puis application en finissant toujours dans le sens des fibres du bois.
Cette technique n’a que des avantages : elle ne laisse aucune trace, est plus rapide que celle au pinceau, et on peut même jeter le chiffon après usage, alors que les pinceaux on essaye en général de se forcer à les nettoyer pour qu’ils servent encore et encore. Pour des vernis à l’eau le nettoyage est facile, mais pour les autres c’est déjà beaucoup moins drôle… et c’est en général ce qui fait qu’on retrouve une semaine plus tard le pinceau qui baigne toujours dans son pot de confiture à moitié plein de white-spirit, parce qu’on s’était dit qu’on le nettoierait plus tard…

Et enfin vient le moment du collage final :

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En faisant attention à ne pas taper n’importe où avec le maillet en caoutchouc pour ne pas laisser de traces… Un peu d’appréhension quand j’ai l’impression que les chevilles ne sont plus en face des trous, il ne faut pas traîner car c’est de la colle à prise rapide !
Mais en fait tout se passe bien, donc mise en place des serre-joints pour un petit quart d’heure :

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Pour la fixation au mur dans du placo, les chevilles de type « Molly » sont tout à fait adaptées… en étant précis pour le perçage du mur sinon les trous ne coïncideront pas avec ceux de l’étagère :

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Et enfin la mise en place :

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Bon maintenant il n’y a plus qu’à trouver ce qu’on va pouvoir placer là-dessus !

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Tournage d’une assiette en séquoia : il y a parfois des ratés…

Je vous propose aujourd’hui de suivre le déroulement du tournage d’une assiette creuse en séquoia.

Je commence par découper un bon morceau d’une énorme bûche de séquoia, à la scie circulaire sur tout le pourtour, ce qui donne une profonde entaille qui va servir de guide pour scier à la main.
Je scie dans le sens du fil, avec une égoïne dont la denture est faite pour scier en travers du fil… du coup c’est dur, c’est long, ça n’avance pas, alors on alterne main gauche main droite pour éviter d’avoir un bras tétanisé demain matin… et finalement j’obtiens une belle tranche de 5 cm d’épaisseur, dans laquelle je découpe à la scie à ruban un carré de 20 cm de coté :

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Je repère le centre avec les diagonales, puis je trace au compas une projection de l’assiette.

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Et j’enlève les coins à la scie à onglet, ça sera toujours ça de moins à enlever à la gouge sur le tour :

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Je fixe la pièce entre pointes sur le tour :

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Et c’est parti pour la mise au rond, en trente secondes avec la gouge à dégrossir :

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Ensuite je tourne le fond de l’assiette et je fais une empreinte pour pouvoir la fixer dans le mandrin en extension, ce qui permettra de terminer par le creusage.

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Je démonte la pièce de bois, la retourne et la fixe dans le mandrin avec une prise en extension :

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Je replace la poupée mobile pour plus de sécurité puisque la pièce n’est pas encore tout à fait équilibrée :

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Avec la gouge à creuser j’aplanis la face, maintenant la pièce est équilibrée et il ne restera qu’une bosse au centre à enlever :

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J’enlève la poupée mobile pour pouvoir commencer le creusage proprement dit : il s’agit donc maintenant de tournage en l’air , c’est l’expression qu’on emploie quand la pièce de bois n’est pas entre pointes :

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Le creusage n’est pas en bois de bout, il faut donc aller de l’extérieur vers le centre pour toujours couper une fibre de bois en appui sur une fibre plus longue et ainsi éviter les arrachements. Après quelques passes à la gouge à creuser :

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Ça y est j’ai rempli un seau de 10 litres de copeaux :

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Je m’en sers dans le jardin : très utile pour faire un paillis sur les massifs ou le potager, j’en mets aussi un peu dans le compost pour apporter de la matière sèche et ainsi équilibrer les apports.

Je poursuis le creusage :

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Ça commence à prendre forme, mais c’est encore un peu trop épais.

Et c’est là, tout près du but, que le problème survient : l’assiette vibre quand j’essaye de creuser davantage, le bruit n’est pas normal…
J’arrête le tour, je vérifie que le mandrin tient toujours l’assiette fermement… c’est bon… ce n’est pas non plus une vitesse de rotation trop élevée puisque je suis à 1500 tours par minute…
Alors je tourne la pièce à la main, je regarde de près, et je découvre ça :

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Une belle fissure… si je continue à creuser c’est sûr, l’assiette va exploser et probablement faire des dégâts dans l’atelier.
Alors pourquoi cette fissure ? Plusieurs pistes : le bois était peut-être déjà fissuré ou simplement fragilisé, ou bien j’ai fait une passe trop profonde avec la gouge… Les pièces qui cassent, ça arrive à tout le monde, même aux tourneurs les plus habiles et chevronnés…
Et bien entendu plus le bois s’amincit, plus le risque augmente, donc tant pis j’arrête là, j’ai fait une ébauche d’assiette invendable… elle va rejoindre les autres pièces fissurées, ou peut-être servir de vide-poches à la maison !

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C’est toujours rageant de rater quelque chose, alors on peut se consoler en gardant à l’esprit que les erreurs permettent de progresser…

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Bois de fil ou bois de bout ?

Les planches à découper que l’on trouve dans nos cuisines sont en général en bois de fil, alors que les billots de boucher sont toujours en bois de bout. Mais que signifient ces deux expressions ? Je vous livre quelques éléments d’explications…

Le bois est un matériau qui possède une structure très particulière : il est constitué de fibres qui vont à peu près toutes dans la même direction : pour un arbre qui est encore sur pied, les fibres qui forment le tronc sont verticales. Une branche qui a poussé horizontalement a ses fibres horizontales. C’est la disposition de ces fibres qui explique qu’une branche possède une certaine élasticité et peut être plus ou moins courbée sans rompre.

Quand on débite un tronc d’arbre en plusieurs tronçons, par exemple pour faire du bois de chauffage, ces fibres sont tranchées à peu près perpendiculairement à leur direction. On peut alors observer, pour beaucoup d’espèces, les formes concentriques dessinées par les cernes de croissance, et qui permettent parfois de déterminer l’âge de l’arbre. Ces surfaces qui étaient auparavant cachées à l’intérieur du tronc sont dites « en bois de bout » car elles sont formées de l’extrémité tranchée de toutes les fibres qui constituent le morceau de bois.

Au contraire, quand on débite un tronc d’arbre pour en faire des planches, on coupe dans le sens des fibres, et on obtient ce que l’on appelle du « bois de fil ».

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Frêne – Bois de bout
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Frêne – Bois de fil

Ces deux expressions s’appliquent donc uniquement à des surfaces, et non à des morceaux de bois dans leur globalité : si on a taillé un cube dans une bûche, on va avoir (en général, sauf découpe très spéciale…) deux faces opposées en bois de bout, et les quatre autres faces en bois de fil.

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Séquoia – Bois de bout
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Séquoia – Bois de fil

Quand on travaille le bois, il est très important de toujours garder à l’esprit la distinction entre ces deux types de surfaces car leurs propriétés sont très différentes.

Les propriétés mécaniques sont différentes et le sens des fibres oblige à utiliser les gouges, ciseaux et rabots dans un certain sens et pas dans l’autre, ce qui permet de « coucher » les fibres les unes sur les autres et d’éviter les arrachements. Mais ceci est un peu complexe et je ne vais pas le développer davantage ici.

Si on veut faire des assemblages : le collage de deux pièces en bois de bout sera peu résistant car la colle sera pompée par les fibres du bois qui agiront comme de petits tuyaux, et la colle ne restera donc pas bien en surface. Un collage entre deux pièces en bois de fil sera par contre très résistant, et s’il est bien réalisé il sera même plus résistant que le bois lui-même.

Le ponçage du bois de bout est beaucoup plus difficile que celui du bois de fil car le bois de bout est plus dur. C’est d’ailleurs pour cette raison que les billots de boucher sont en bois de bout : les couteaux y laissent des marques moins profondes, et ce d’autant plus qu’ils ne tranchent pas les fibres du bois, contrairement à ce qui se passe avec une planche « classique » en bois de fil.

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Gaïac – Bois de bout
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Gaïac – Bois de fil

Le bois de bout absorbe plus les liquides que le bois de fil. Pour une finition huilée, il suffit d’appliquer davantage d’huile pour arriver à saturation. En revanche, pour une finition vernie il est difficile de créer un film de vernis sur du bois de bout puisqu’il est absorbé dans les fibres à chaque nouvelle couche. On utilise donc d’abord un produit appelé bouche-pores qui comme son nom l’indique va boucher les pores du bois et faire en sorte que le vernis ne soit plus absorbé à l’intérieur mais reste en surface.

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If – Bois de bout
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If – Bois de fil

Enfin, la question de l’esthétique mérite aussi d’être abordée : le bois de bout et le bois de fil ont souvent un aspect très différent (sauf peut-être pour certains bois exotiques dont le fil est presque indiscernable) et on peut être amené à vouloir une surface en bois de fil comme surface principale. Mais on est vite limité par les dimensions d’une pièce de bois en bois de bout : le diamètre des troncs n’est pas illimité, et même s’il l’était on aurait encore le problème des fentes dues au séchage qui sont inévitables si on cherche à obtenir une pièce de grandes dimensions en bois de bout. On est donc obligé de procéder avec des assemblages de plusieurs morceaux déjà secs, ce qui permet d’ailleurs de créer des motifs ou de marier différentes essences pour des résultats remarquables.

En lien avec cet article :
Faut-il utiliser des ustensiles de cuisine en bois ?
Bois et contact alimentaire
Le gaïac ou bois de vie

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Fabrication de boucles d’oreilles en ébène : le déroulement en images

Cette semaine je te propose de m’accompagner à l’atelier pour suivre pas à pas la fabrication d’une paire de boucles d’oreilles. Alors couvre toi, la température ne va pas dépasser les 10°C, mais avec un café de temps à autre et de la musique, ça devrait aller !

On commence par le choix de la musique donc : l’album « The gathering of the elders » du groupe Groundation, qui tourne pas mal dans l’atelier en ce moment.
Le choix du bois ensuite : de l’ébène du Gabon, sur lequel je tenterai une finition brillante, au contraire des boucles d’oreilles de la semaine dernière, que j’avais faites mates.

Je règle le guide parallèle de la scie sous table pour couper une tranche de 5 mm d’épaisseur dans le bloc d’ébène :

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Attention j’ai relevé la cape de protection de la lame pour prendre les photos : si tu tiens à tes doigts, mieux vaut éviter d’utiliser cette machine sans protection !

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L’ébène étant un bois très dur, j’ai utilisé ici une lame de débit, qui a moins de dents qu’une lame de finition : la machine peine moins mais la coupe est moins propre. On peut voir en pleine lumière des traces de dents sur le bois :

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J’utilise la ponceuse excentrique pour faire disparaître ces traces :

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Puis je trace sur le bois, au crayon à papier, la forme d’une première boucle d’oreille :

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Pour faciliter la découpe, je commence par percer un trou à la perceuse à colonne avec une mèche de 10 mm :

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Ça y est, l’odeur de l’ébène a envahi l’atelier et ne va plus me quitter pour les heures qui viennent. C’est une odeur très agréable, une odeur chaude et sucrée qui ajoute encore au plaisir de travailler ce superbe bois que certains n’hésitent pas à qualifier de « bois parfait ».

Le trou est donc percé au milieu de la pièce, il va me permettre de négocier un virage serré avec la scie à chantourner.

Je passe donc à la scie à chantourner, avec laquelle je ne tente pas de suivre exactement mon tracé : je laisse une marge autour :

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J’utilise ensuite la ponceuse à bande montée en stationnaire pour le tour de la pièce : celle-ci doit être constamment en mouvement pour ne pas créer de plat sur ce contour qui est tout en courbes. Il faut aussi veiller à rester bien perpendiculaire à la bande pour ne pas creuser un côté plus que l’autre, et tourner souvent la pièce pour ne pas travailler à contre-fil et risquer un arrachement de bois.
Le contour est terminé, la finition se fera à la main :

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Pour l’intérieur de la pièce j’utilise un petit cylindre abrasif monté sur le Dremel, et j’obtiens une forme bien dégrossie :

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La ponceuse à bande et le Dremel laissent des traces sur les chants de la pièce : le grain des abrasifs est grossier et il va falloir faire disparaître ces traces avec un ponçage manuel. Pour l’intérieur du tracé, difficilement accessible avec les doigts, j’enroule mon abrasif sur une mèche de 5 mm.

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C’est parti pour le ponçage des chants (les deux faces sont déjà poncées au 180) : successivement grains 80, 100, 120, 150, 180.
Puis faces et chants aux grains 240, 320, 400, 600, 800, avec un léger passage sur les arêtes pour les adoucir.

Il est maintenant temps de penser à la deuxième pièce : je reporte la forme de la première, en suivant son contour, sur ce qui reste de la tranche d’ébène :

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Puis je répète toutes les opérations pour obtenir un second pendentif identique au premier.

Les pendentifs seront suspendus à l’aide d’un anneau fait avec du fil d’acier de 1 mm. Je dois donc les percer, pour laisser un peu de jeu j’utilise une mèche de 1,2 mm montée dans la perceuse à colonne :

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Les deux pendentifs sont percés :

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Pour la finition j’utilise de l’huile danoise, que j’applique au chiffon (les pinceaux, aussi fins soient-ils, laissent toujours des traces).
L’application de la première couche est toujours l’occasion de m’émerveiller de la beauté du bois, dont les nuances se révèlent au contact du produit de finition.

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Les pendentifs sont ensuite entreposés sur le support de séchage, aux côtés du modèle précédent :

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Trois couches d’huile danoise sont nécessaires, avec un temps de séchage d’environ huit heures entre deux couches.
Une fois que cette finition est terminée, je passe au montage :

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Et voici les boucles d’oreilles finies :

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En ce qui me concerne je trouve que la finition est plus jolie mate que brillante sur l’ébène. Mais il en faut pour tous les goûts !

Pour voir ces boucles d’oreilles dans la boutique, c’est ici : Fait-Maison